Carton rouge aux entraîneurs !

L’arbitrage Européen a été beaucoup décrié, ce week-end. Un but refusé en Italie, un pénalty non sifflé, du temps additionnel soi-disant accordé à tort en France, les hommes en noir n’ont pas été à la fête.

Sauf que, en Ligue 1 plus particulièrement, ce sont des habitués de l’exercice, des récidivistes, qui s’en sont pris ouvertement à l’arbitrage. Jean-Michel Aulas, Rémi Garde, Rudi Garcia, Frédéric Antonetti, Didier Deschamps, etc… Des habitués, on vous dit.

Car étrangement, ce sont toujours les mêmes qui remettent en cause les décisions arbitrales lors des contre-performances de leurs joueurs. Jamais de remise en question, uniquement des coups de massue.

Tony Chapron, l'un des arbitres les plus décriés de Ligue 1

Les dirigeants et le staff Lyonnais accusent l’arbitre d’avoir favorisé le Paris Saint-Germain en accordant « 8 minutes de temps additionnel » selon les intéressés. Les Spécialistes, sur Canal, ont démontré qu’il n’y avait eu que 5 minutes en plus. Les accustations lyonnaises sont donc infondées. Ils en oublient par ailleurs que l’arbitre central est le seul maître du temps et qu’il n’y a pas que les remplacements qui sont susceptibles d’allonger le chronomètre. Les joueurs qui restent au sol plus longtemps que nécessaire, les interminables contestations, les échauffourées sont des exemples de ces éléments qui augmentent le temps additionnel.

À Brest, l’arbitre a oublié un pénalty sur Brandao. Mais un pénalty sifflé ne signifie pas un but marqué ! Qui nous dit que Steve Elana, dans un grand soir face à Marseille, ne l’aurait pas sorti ? Ce sont des suppositions, bien sûr, mais il faut arrêter de considérer systématiquement un pénalty comme un but. Cheick Diabaté peut en témoigner, lui qui avait vu Tony Chapron accorder un pénalty pour une sortie plus qu’hasardeuse de Landreau sur Ben Khalfallah lors du match aller entre Bordeaux et Lille. Il avait expédié son tir sur le poteau.

Ces adeptes de la critique arbitrale sont les premiers à pleurer lorsque les décisions leur sont défavorables, mais oublient très rapidement celles qui leur sont favorables.

Rémi Garde a du oublier que Cris n’a pas été exclu lors du huitième de finale de Coupe de France face à Bordeaux. Il oublie aussi rapidement que les joueurs sont les premiers responsables de leurs défaites. Le terrain, les arbitres, les adversaires ne peuvent pas défendre ou tirer au but à leur place. Il est tellement facile d’attaquer l’arbitrage plutôt que de pointer du doigt ses propres erreurs ou celles de ses ouailles.

Il serait temps que la Commission d’Ethique et la LFP sanctionnent tous ces comportements inacceptables envers le corps arbitral, au lieu de le désavouer comme la saison dernière.

Les arbitres avaient décidé de retarder le coup d’envoi de tous les matches de 15 minutes en signe de ras-le-bol envers les insultes dont ils sont victimes tous les week-end (et aussi pour quelques revalorisations dans leur contrat de sponsoring). La LFP avait décidé d’envoyer les arbitres de National, se plaçant ainsi en porte-à-faux vis-à-vis des arbitres de l’élite. Étrangement, ce fameux week-end, aucune plainte n’avait été à déplorer envers les Hommes en noir.

Il faudrait leur rappeler cette déclaration de Claude Onesta, après l’Euro 2007 de Handball en Allemagne : « À l’avenir, il faut qu’on soit plus forts, plus décisifs, pour éviter que les décisions arbitrales nous soient défavorables. » Le sélectionneur avait bien compris que lorsque l’équipe sait faire la différence, les décisions discutables ont une influence moindre sur le résultat final.

Car oui, les arbitres font des erreurs. Comme les joueurs font des mauvais choix, comme les entraîneurs adoptent de mauvaises tactiques, comme les cellules de recrutement se trompent de recrues. Car ce sont avant tout des hommes, garants du bon déroulement d’un match, d’un tournoi ou d’un championnat. Et les hommes ne sont pas infaillibles.

Respecter les arbitres, c’est aussi respecter le jeu, le spectacle, les spectateurs et les supporters. Car sans arbitre, il n’y a pas de jeu !

Allemagne – France, un match référence ?

Le Mercredi 29 Février, les Bleus se déplacent au Weserstadion de Brême pour y affronter la Mannschaft en match amical.

Si Laurent Blanc a affirmé que l’équipe de France y allait pour apprendre, ce match, amical certes, peut servir de référence, positive ou négative.

Il peut être l’élément fondateur, le match référence que recherchent toutes les équipes de football, celui qui conduit vers les exploits les plus fous et les plus inattendus. Ou il peut être le match de la descente aux Enfers, celui qui entraîne l’écroulement d’un groupe.

Ce fut le cas du match disputé face à la Chine avant la Coupe du Monde Sud-Africaine. La défaite (1-0) avait mis en lumière des tensions entre certains joueurs ainsi que les limites du système Domenech. Cela avait conduit au désastre que nous connaissons.

L’Allemagne va se présenter avec une équipe rodée, éprouvée, finaliste de l’Euro 2008 et demi-finaliste de la Coupe du Monde 2010. Les joueurs ont l’habitude de se retrouver et de jouer ensemble alors que les Bleus cherchent encore leur automatismes et leur complémentarité. Les joueurs qui vont se rendre en Pologne et en Ukraine ne sont pas encore connus, bien que le groupe retenu par le sélectionneur tend à se rapprocher du groupe qui participera à l’Euro.

Özil contre Nasri, Allemagne contre France, qui sortira vainqueur de ce duel ?

Si les Bleus font un grand match, accrochent les Allemands pendant la majeure partie du match et, pourquoi pas, s’imposent, ce match pourrait être la clé de voûte du parcours Français à l’Euro.

Si au contraire, la France est baladée par l’Allemagne, à l’image du match face à l’Espagne en 2010, elle saura le chemin qui lui reste à parcourir avant de pouvoir concurrencer les meilleures nations, mais surtout, cela pourrait bien présumer des chances Françaises.

L’objectif annoncé par Laurent Blanc pour le mois de juin est de « gagner un match ». J’ose espérer qu’une performance face aux Allemands permettrait de revoir ces ambitions à la hausse.

Comment motiver des compétiteurs comme Karim Benzema, Philippe Méxès ou Hugo Lloris avec des objectifs aussi peu élevés que « gagner un match » ? Ces joueurs brillent, plus ou moins, avec leur club et ont prouvé qu’ils avaient le niveau International. Il serait donc plus motivant que le Président annonce vouloir au moins passer le premier tour et accéder aux Quarts de Finale de la compétition.

Dans un groupe composé de l’hôte Ukrainien, de la Suède et de l’Angleterre sans sélectionneur, cela doit bien être possible.

Pas d’Ultras, pas de chocolat !

La polémique enfle suite à l’interdiction du tifo des UltraMarines Bordeaux 1987 par la Préfecture de Gironde lors du match de Ligue 1, Bordeaux – Lyon.

La Ligue de Football Professionnel a décidé de convoquer 5 clubs de l’élite du football Français à cause de l’attitude de leurs supporters. Il s’agit des Girondins de Bordeaux, de l’Olympique Lyonnais, de l’OGC Nice, de l’AS Saint-Etienne et du Montpellier Hérault SC. Les griefs retenus contre les groupes de supporters de ces clubs sont : des actes racistes et l’utilisation de fumigènes dans les stades.

Supporter son club n’est pas un crime

Il faut tout d’abord savoir que les accusations d’actes racistes ne concernent que l’Olympique Lyonnais ! Et en ce qui concerne l’utilisation des fumigènes, Nicolas Hourcade, sociologue à l’École Centrale de Lyon, les décrit comme « faisant partie intégrante de la culture Ultra », dans un article publié par Rue 89. Autrement dit, il y en a toujours eu et il y en aura toujours.

Ses principales réserves proviennent du fait que la plupart des fumigènes utilisés, à Bordeaux ou ailleurs, sont fabriqués à la maison et ne remplissent pas les conditions de sécurité optimales. De plus, selon Daniela Wurbs, supportrice du club mythique Sankt Pauli, les fumigènes lancés sur la pelouse, et donc potentiellement les plus dangereux, le sont uniquement par peur d’être arrêté. Elle se dit également en faveur « d’un usage contrôlé et sécurisé de la pyrotechnie, parce que nous savons que beaucoup de supporters sont très attachés à l’usage de fumigènes […] [Elle croit] vraiment que la pyrotechnie est un aspect essentiel de la culture ultra. »

Au lieu d’interdire toute forme de supportérisme, les dirigeants feraient mieux de trouver des solutions plus adaptées à la libre expression des Ultras, dans des conditions de sécurité optimales !

Jusqu’alors, personne n’a proposé de véritable solution au problème des fumigènes ou des engins pyrotechniques, seulement des sanctions. Pourquoi ne pas identifier quelques personnes membres des groupes de supporters, leur faire suivre une formation sur la manipulation des fumigènes, de façon à ce que les stades puissent se parer de plusieurs couleurs, offrir un magnifique spectacle à vivre et à voir ?

Pourquoi vouloir faire de nos stades des endroits sans vie où ne viendraient que quelques spectateurs, qui regarderaient un match de foot dans un silence de cathédrale, à l’image du Parc des Princes de Robin Leproux ? Cet exemple est toutefois à relativiser, le Parc des Princes ayant eu besoin d’être littéralement pacifié.

Pour les clubs aussi, les supporters sont importants ! Ils poussent les joueurs à se transcender, à se dépasser, à se battre pour les couleurs qu’ils portent et représentent ! Francis Gillot le soulignait d’ailleurs lors de la conférence de presse après Bordeaux – Lyon.

Les dirigeants oublient trop souvent que les Ultras aussi font partie du spectacle et qu’ils ont une part non négligeable dans l’attitude et dans les résultats de leur équipe.

Ils ne connaissent pas les sentiments que peuvent éprouver les supporters qui viennent vivre un match au stade, la boule au ventre qui nous étreint avant un match important, l’excitation lorsque le match approche, la joie immense et la déception tout aussi grande lorsque l’équipe gagne ou perd. Et pourtant, ils en parlent comme s’ils le vivaient tous les jours.

Messieurs, supporter un club n’est pas un crime, contrairement à ce que vous essayez de faire croire ! Nous ne sommes pas des délinquants qui ne viennent au stade que pour créer des tensions ou chercher les embrouilles ! La très grande majorité vient au stade pour soutenir son équipe, chanter jusqu’à s’en casser la voix et finalement passer un bon moment.

Mais peut-être préférez-vous l’ambiance survoltée du Stade Louis II de Monaco…

Nous sommes supporters, pas terroristes !

Le Dimanche 19 février restera dans les annales du football en France, car pour la première fois, un groupe de supporters se voit interdire le droit de supporter son équipe et de proposer les animations qu’il souhaite !

Les UltraMarines Bordeaux 87 ont ont reçu une interdiction de déployer le tifo qui avait été préparé pour la réception de Lyon émanant de la Préfecture. Si cela constitue une première en France, il faut tout de même savoir que les Bordelais n’avaient pas eu le droit de déployer un tifo à Stamford Bridge parce que la toile qu’ils utilisent n’est pas ignifugée.

Le club a bien proposé de verser de l’argent au groupe de supporters, qui a refusé pour pouvoir continuer à soutenir les Girondins de Bordeaux de façon indépendante et sans interférence du club.

Mais cette mesure prouve une nouvelle fois que les supporters sont considérés comme des terroristes !

La Ligue de Football Professionnel a déjà organisé un « Championnat des Tribunes » dans lequel la LFP sanctionne tous les éléments pyrotechniques (fumigènes).

De plus, les lois LOPPSI et LOPPSI 2 ont augmenté les sanctions administratives à l’encontre des supporters. Voir l’article de SO FOOT.

Aujourd’hui, lorsque l’on se comporte tel un supporter, nous sommes susceptibles de troubler l’ordre public.

Je comprends que les pouvoirs publics souhaitent protéger les citoyens des débordements des abrutis qui ne viennent au stade que pour foutre le bordel. Les appeler supporters serait une insulte envers les véritables supporters qui soutiennent leur équipe de façon pacifique.

En France, dès qu’il y a une difficulté, on sanctionne. Mais ne pourrait-on pas trouver des moyens d’encadrer les supporters, d’identifier des personnes bien particulières qui seraient seules à utiliser les fumigènes et qui porteraient un signe distinctif reconnaissable par les autorités ?

Tifo des Ultramarines Bordeaux 87 lors d’un match de championnat !

À Bordeaux, nous n’avons pas de problèmes de violence, nous n’avons pas de problème de racisme dans les tribunes, aucun de nos tifos ne s’est enflammé en 25 ans d’existence, et certains ont fait la réputation du kop à travers l’Europe ! Au lieu de tenir compte des événements passés, on nous bâillonne !

Pour ce 19 février, on nous interdit de soutenir notre équipe avec nos animations, avec notre coeur ! Mais un stade sans ses supporters va sonner bien creux !

Girondin un jour, Girondin toujours ! Allez Bordeaux !

Et si on réécrivait l’Histoire ?

Qui ne s’est jamais ennuyé sur un banc ou une chaise à l’école en écoutant (entendant ?) son professeur parler de la scission de l’URSS, des conflits entre l’Est et l’Ouest ou encore des 2 Allemagnes ?

Quand je parle de réécrire l’Histoire, il ne s’agit pas de réécrire les faits, de négationnisme, ou que sais-je encore. Je parle de réécrire les livres d’Histoire en les rendant attractifs par le biais d’exemples issus du sport, des Jeux Olympiques, des Coupes du Monde de Football ou de Rugby, etc…

Pourquoi l'Allemagne était-elle représentée 2 fois lors de la Coupe du Monde 1974 ?

Pourquoi, par exemple, Adolf Hitler n’est pas venu féliciter l’Américain Jesse Owens lors de ses 4 médailles aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936 ?

Quelles sont les raisons de la prise en otage des athlètes Israéliens en 1972 à Munich ?

Pourquoi les Américains ont-ils boycotté les Jeux Olympiques Russes en 1980 ?

Pourquoi la première participation de l’Afrique du Sud à la Coupe du Monde de Rugby date de 1995 alors que la première compétition a eu lieu en 1987 ?

Pourquoi cette image est-elle symbolique ?

Autant de sujets qui pourraient permettre d’aborder l’Histoire, la Géographie, les Sciences Politiques, l’Economie sous un angle différent, donner des références, des points de repères lors de l’apprentissage de ces matières.

Et surtout, on apprendrait également aux plus jeunes d’où viennent ces sports qu’ils regardent, comment ils ont marqué l’Histoire et comment ils ont été les témoins de tous les événements qui ont marqué le siècle dernier.

Il faut, bien entendu, adapter les exemples en fonction des publics cibles, mais dès le collège, le sport peut devenir un moyen d’apprendre efficace.

Ce système a aussi ses limites. Tous les événements sportifs ne sont pas reliés aux événements historiques. Aucune Coupe du Monde ou Jeux Olympiques ne pourra expliquer la Révolution Française. Mais, en plus des tableaux de peintres ou des textes poétiques, les événements sportifs pourront enrichir l’Histoire à l’aide d’histoires.

Et tout le monde aime qu’on lui raconte une histoire…

Lille – Bordeaux, folie sur le pré

Dimanche 12 février 2012, les Girondins de Bordeaux se déplacent au Stadium Nord de Villeneuve d’Ascq pour y affronter le LOSC Lille Métropole.

Les Girondins n’ont pas marqué depuis 4 matches à l’extérieur avant ce déplacement (Dijon 2-0; Marseille 0-0; Rennes 1-0; Evian-Thonon-Gaillard 0-0), les Lillois sont invaincus chez eux depuis la 2ème journée et la victoire de Montpellier 0-1. Autant dire qu’avant le début de ce match, les spectateurs et téléspectateurs ne s’attendent pas à une avalanche de buts.

Et pourtant, comme à son habitude cette saison, Bordeaux démarre très fort et Nicolas Maurice-Belay, bien aidé par Debuchy qui dévie sa frappe, inscrit le 1er but du match au bout de 2 minutes de jeu.

Les Bordelais se relâchent et laissent le ballon aux Lillois, qui égalisent en 2 temps par Rozehnal. On joue la 7ème minute et déjà 2 buts ont déjà été marqués.

Le jeu se calme un peu, mais les Bordelais, bien emmenés par un Nicolas Maurice-Belay intenable sur son côté gauche, vont reprendre l’avantage. NMB récupère un ballon et déborde sur son côté gauche. Il sert ensuite Gouffran dans la surface. L’attaquant Girondin temporise, voit Ludovic Obraniak en retrait et place le ballon dans sa course. L’ancien milieu de Lille ne se fait pas prier pour crucifier Mickaël Landreau. 1-2 pour des Bordelais ultra-réalistes puisqu’en 2 occasions de but, ils ont scoré 2 fois.

La pause arrive dans un match qui a déjà vu 3 buts. Mais le plus fou reste à venir.

Au retour des vestiaires, les visiteurs reprennent leur marche en avant. Maurice-Belay, toujours lui, s’infiltre une première fois dans le gruyère la défense Lilloise mais bute sur le gardien des Dogues. Une fois, mais pas 2. 50ème minute, Maurice-Belay passe entre les portes du Saloon Lillois que sont Pedretti et Rozehnal et s’en va tromper Landreau qui se couche plus vite qu’une catin en manque pour laisser l’ex-Sochalien inscrire le 1er doublé de sa carrière. Nous en sommes à 1-3.

Mickaël Landreau va se coucher devant Nicolas Maurice-Belay

Quelques instants plus tard, Plasil récupère un bon ballon au milieu de terrain, joue le une-deux avec… Maurice-Belay, impliqué sur les 4 premiers buts de Bordeaux. Plasil résiste ensuite à Rio Mavuba (formé aux Girondins de Bordeaux) et sert Gouffran qui trompe une nouvelle fois Landreau, sorti à l’arrache pour essayer de bloquer son premier poteau ! 1-4 après 60 minutes de jeu pour des visiteurs qui n’avaient inscrit que 8 buts en déplacement jusque-là.

Les Bordelais pensent avoir le match en main, se relâchent et laissent le monopole de l’offensive à Lille.

Mal leur en prend car, sur un coup franc à 30m, Eden Hazard trompe la vigilance de Cédric « Dieu » Carrasso. 2-4.

Le match rentre alors dans 10 minutes de pure folie. 87ème minute, Matthieu Debuchy, oublié par les défenseurs centraux Bordelais, reçoit un ballon qu’il contrôle du pied droit puis expédie dans les filets de Carrasso, qui ne peut que s’asseoir et constater les dégâts. 3-4 et un espoir qui renaît chez les Lillois.

Carrasso retarde plusieurs fois l’échéance, mais sur une énième attaque rouge et blanche, il s’incline pour la 4ème fois de l’après-midi. Pedretti sert Nolan Roux dans la profondeur. L’ancien Brestois fusille le gardien Marine et Blanc qui regarde sa défense, complètement dépitée.

Devant mon écran, je commence à déprimer et à envisager une cure de désintoxication footballistique. Mais le miracle se produit à la 90ème+3 ! Mariano, le latéral Brésilien arrivé au mercato d’hiver, déborde sur le côté droit et centre. Un peu long, le ballon arrive dans les pieds de Ludovic Obraniak qui crucifie ses anciens partenaires et offre la victoire aux Girondins de Bordeaux !

Interrogé par le consultant de Foot+, c’est un Ludovic Obraniak satisfait mais un peu amer qui se présente.

– « Vos 2 buts, c’est un moyen de montrer aux dirigeants Lillois qu’ils ont eu tort de vous laisser partir ? C’est un moyen de prouver votre valeur ? »
– « Le coach m’a eu dans son effectif, il connaît ma valeur ! »

Score final 4-5, de la joie, de la crainte, de la stupeur et une immense satisfaction ! Un ascenseur émotionnel hors-norme et un match complètement fou, qui m’aura fait stressé autant qu’il m’aura réjoui.

Mais, n’est-ce pas pour vivre des émotions telles que celles-ci que nous sommes supporters ?

Il paraît qu’il gèle, en hiver…

Samedi 11 février 2012, 21h10, Stade de France.

Le speaker du Stade de France annonce, sous les huées des 80 000 spectateurs qui sont venus soutenir le XV de France face au XV Irlandais, que le match du Tournoi des VI Nations n’aura pas lieu à cause d’une pelouse partiellement gelée et rendant dangereux le déroulement du match.

La semaine dernière, 3 matches de Ligue 1 (Saint-Etienne – Lorient, Sochaux – Lille et Caen – Auxerre) ont été reportés à cause du froid. À cela viennent s’ajouter Dijon – PSG, Bourg-Péronnas – Marseille et Quevilly – Orléans en Coupe de France et Evian-Thonon-Gaillard – Marseille cette semaine en championnat.

De nombreux reports ont été évoqués mais n’ont finalement pas été prononcés, les organisateurs préférant assurer un spectacle médiocre aux spectateurs qui avaient bravé le froid plutôt que de reporter les matches et proposer un meilleur spectacle à une date différente.

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Qu’est-ce qui justifie de maintenir une simple rencontre sportive quand les conditions climatiques s’y opposent ?

Pourquoi ne pas modifier les heures des matches de façon durable, pour parer à ces éventualités climatiques, dont la problématique revient chaque année ?

La Bundesliga ne joue qu’un seul match à 21h, le vendredi soir, en lever de rideau de la journée. Les autres matches se jouent dans l’après-midi, le samedi et le dimanche. La Premier League adopte un système similaire, les grosses affiches se jouant le samedi ou le dimanche à 14h ou à 17h.

Les audiences sont au rendez-vous et les reports peu fréquents. De plus, les stades sont toujours pleins.

En Ligue 1, le spectacle est rarement au rendez-vous, les Lyon-Marseille ou Lille-Bordeaux faisant office d’exceptions. Cela explique en partie le relativement faible remplissage de nos stades, bien que l’on constate une augmentation de la fréquentation lorsque les équipes tournent bien.

Mais, déjà que le « beau jeu » n’est pas légion en L1, même lorsque les conditions s’y prêtent, pourquoi s’entêter à jouer quand le climat s’y oppose ?

Nous devrions être suffisamment intelligents pour adapter le calendrier et les horaires en fonction du jeu et non des audiences ! Quoiqu’avec Frédéric Thiriez à la tête de la LFP, rien n’est jamais sûr.