L’arbitrage vidéo, l’injustice comme cheval de bataille ?

Joseph Blatter, le Pape du football mondial (puisqu’il ne cèdera son siège que le jour de son décès), l’a annoncé au micro des journalistes du CFC, une forme d’arbitrage vidéo sera expérimentée lors de la Coupe du Monde des Clubs et de la Coupe des Confédérations.

Après la diffusion de l’interview, Christophe Dugarry s’est montré favorable à la vidéo, argumentant que le rugby y est déjà passé, donc qu’il « serait temps que le foot grandisse. »

Marco Simone surenchérit. Lui voudrait voir la vidéo pour ré-arbitrer les hors-jeux. Les Cahiers du Foot ont déjà démontré l’absurdité de ce système, liée aux limites techniques actuelles dudit matériel censé nous sauver des « injustices arbitrales », mais aussi aux choix de plans que pourrait faire le diffuseur, ainsi qu’à la position des caméras dans les stades, parfois trop décalées pour pouvoir réellement évaluer la position des joueurs. Retrouvez ici, tous les articles des Cahiers à ce sujet.

De même, mentionné dans cet article, Loïc Féry, le Président du FC Lorient, réclame à corps et à tweets, l’arrivée rapide de la vidéo. Son principal argument ? « Si l’on veut avoir des gens qui investissent dans le foot… »

Et c’est là que le bat blesse. Le football réclame de plus en plus d’argent pour pouvoir « survivre », selon les principaux acteurs (Lire Sauver le football).

Les droits TV ont explosé sur ces 20 dernières années, les salaires aussi, de même que les montants des transferts. En définitive, l’arrêt Bosman, signé en 1995, aura fait beaucoup de mal au portefeuille des clubs.

Sur ce tir de Geoff Hurst en Finale de la Coupe du Monde 1966, le ballon est-il rentré ?Plus de 40 ans après, l'étude des images n'a encore pas permis d'affirmer avec certitude que le ballon a bien franchi la ligne.

Sur ce tir de Geoff Hurst en Finale de la Coupe du Monde 1966, le ballon est-il rentré ? Plus de 40 ans après, l’étude des images n’a encore pas permis d’affirmer avec certitude que le ballon a bien franchi la ligne.

Peut-être serait-il temps de se poser les bonnes questions et de revenir à une vraie législation, empêchant les délires financiers et les dérives dont est coutumier le football !

Dans d’autres sports, les transferts et les salaires sont régis par l’instance dirigeante du sport en question. C’est le cas en NBA, en NFL ou encore en NHL. Certes, ce mode de fonctionnement à ses limites. La NBA a vu la saison 2011-2012 écourtée suite à un lock-out après l’échec des premières négociations pour le partage des revenus générés par les droits TV et les ventes de produits dérivés. Cette année, la NHL connait la même situation, et le lock-out ne semble pas prêt d’être levé.

Toutefois, les salaires des joueurs sont conséquents, du moins pour les joueurs majeurs, mais doivent rester dans le cadre du Salary Cap, la masse salariale maximale, accordée à la franchise.

On ne parle d’ailleurs plus de transferts, mais de trade, d’échanges de joueurs entre les franchises. Ces échanges doivent être d’égale valeur financière (un Kobe Bryant n’ayant pas la même valeur qu’un Nate Robinson, par exemple) et peuvent impliquer plusieurs franchises.

Les transferts ne sont donc pas monétisés et seuls les salaires font l’objet des gros titres de la presse.

Peut-être que le football devrait prendre exemple sur le sport US, chaque Championnat ressemblant à un affrontement au sein de sa division en NBA, les Coupes d’Europe étant les affrontements inter-division.

La valeur de chaque joueur serait évaluée par un organisme indépendant, les contrats seraient respectés et les joueurs ne donnant pas satisfaction pourraient être coupés pour alléger la masse salariale sans trop pénaliser le club.

L’UEFA, le CONMEBOL, la CONCACAF, la CAF, l’AFC et l’OFC joueraient le rôle de régulateur, vérifiant la validité des contrats et des transferts, le tout sous l’égide de la FIFA qui serait chargé d’harmoniser les législations entre les différentes autorités locales.

Ce besoin incessant d’argent serait donc limité, l’attractivité d’un club se forgeant essentiellement sur sa capacité à faire de bons choix de recrutement ou d’échanges et à remporter des titres. Les clubs ne seraient pas nécessairement à égalité, mais certaines inégalités pourraient être (partiellement) nivelées.

Et si le football n’a plus besoin d’autant d’argent, si Loïc Féry n’a plus besoin d’attirer de nouveaux investisseurs, si Montpellier n’a plus besoin de vendre le cul de ses joueurs pour y afficher un nouveau sponsor, que devient le débat autour de la vidéo ?

Comme dernier argument, j’ajouterai que l’erreur de l’arbitre fait partie du jeu. Tout comme l’attaquant qui va faire un mauvais choix face au gardien. Comme l’entraineur qui va adopter une mauvaise tactique face à un adversaire. Ou comme le ballon qui va rebondir sur une motte de terre et rentrer dans le but sur une passe en retrait vers le gardien.

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Une réponse à “L’arbitrage vidéo, l’injustice comme cheval de bataille ?

  1. Bonjour,
    Je vous prie de m’excuser. Je n’ai malheureusement pas trouvé comment vous contacter autrement que par commentaire.
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