L’agent, ce fléau du football

Aujourd’hui, l’Équipe publie sur son site web une interview de Romain Alessandrini. Le milieu de terrain Rennais estime que les dirigeants Bretons l’ont « pris pour un con et baladé pendant 3 mois. » La cause de cet état d’âme ? Un transfert avorté vers Marseille et une revalorisation salariale qui tarde à lui être proposée. Il estime donc avoir été floué et ne semble plus avoir envie de se battre pour les Rouge et Noir.

À cet instant, rappelons que le garçon évoluait, en 2011-2012, au Clermont Foot, donc en Ligue 2 et qu’il s’est blessé après 6 mois de championnat jusqu’à la fin de la saison 2012-2013.

Plus au Nord, Florian Thauvin, qui avait signé au LOSC dès janvier avant d’être prêté à Bastia pour terminer l’exercice, a obtenu gain de cause en étant transféré à Marseille sans avoir porté les couleurs du club Lillois. Il faut dire qu’il a su se montrer convaincant, notamment en séchant les entraînements et en réclamant une augmentation de salaire, à la suite du titre mondial obtenu avec les U20. Florian Thauvin, ou comment passer de Héros à Paria en l’espace de 3 semaines.

Thauvin n’aura porté le maillot du LOSC qu’une seule fois. Pour la photo.

Les exemples de joueurs qui partent au clash sont nombreux : Cabaye à Newcastle, Roux à Brest (lorsque Schalke 04 lui témoignait de l’intérêt), j’en passe et des meilleurs.

Mais sont-ils seuls responsables de ces situations ?

Dans le cas de Thauvin, on a beaucoup évoqué le rôle de « Tonton Adil », boucher de son état et qui passe ses diplômes pour devenir agent de joueur. Très probablement avec Christophe Rocancourt, escroc notoire.

Romain Alessandrini n’en parle pas dans son interview, mais bien souvent, les propositions de contrat (prolongation, revalorisation) transitent via l’agent du joueur.

Et celui-ci peut très bien manipuler les informations dont il dispose pour parvenir à servir les intérêts du joueur qu’il représente… ou les siens personnels.

Les agents sont commissionnés sur les transferts. Leur intérêt réside donc dans le fait que leur poulain soit transféré le plus souvent possible au prix le plus important possible. Pour plus d’explications précises sur le rôle des agents (et certaines de leurs méthodes), je vous conseille l’excellent bouquin La Face Cachée du Foot Business.

Dans tous les cas, ceux-ci peuvent « conseiller » à leurs joueurs de sécher les entraînements, refuser d’arborer les sponsors du club, esquiver les conférences de presse dans l’optique d’obtenir un meilleur salaire ou une mutation vers un club plus huppé. Et tant pis si le joueur fait un flop.

Et au cours de son Histoire, l’Olympique de Marseille a fait des joueurs transférés à prix d’Or et qui ne confirment pas derrière, une marque de fabrique. Bisou Florian Thauvin.

Pour conclure, je voudrais faire un Big Up à l’agent de Gareth Bale. Placer un Gallois qui court vite et tout droit à 100 millions d’euros, il est sacrément balèze…

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Coupe de la Ligue, la Coupe de la discorde

Hier soir, l’AS Saint-Etienne s’est imposé au terme d’un match terne face au Stade Rennais en finale de la Coupe de la Ligue.

Cette coupe, voulue par le Président de la LFP, Frédéric Thiriez, pour les clubs professionnels (d’où son surnom de MoustaCup), est impopulaire auprès des supporters. En témoignent les stades qui sonnent creux.

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Elle permet tout de même aux clubs de l’élite de décrocher rapidement une place pour l’Europa League. Mais son format actuel est souvent décrié par les clubs.

Elle alourdit le calendrier déjà chargé de certaines équipes, et ce, même si les clubs Européens n’y rentrent qu’à partir des Quarts de Finale.

Mais pourquoi ne pas modifier son format ? Pourquoi, au lieu de match éparpillés par-ci, par-là, ne pas organiser un tournoi estival, en guise de pré-saison ?

Elle se jouerait le soir, sur 2 semaines à la fin du mois de juillet. Cela pose toutefois un problème en période d’Euro ou de Coupe du Monde, où les internationaux n’auraient que peu de temps de repos. Elle déterminerait le participant à l’Europa League de l’année suivante.

Elle permettrait peut-être de remplir les stades dans lesquels se jouent les matches amicaux. Les supporters sont souvent friands de ces matches d’avant-saison, qui leurs permettent de renouer avec leur équipe favorite après quelques semaines de trêve. Autant leur donner un peu de saveur.

Et puis, étant donné que la Ligue est très attachée à cette compétition malgré l’opposition quasi-générale des clubs et des supporters, autant essayer de la rendre moins impopulaire.

Carton rouge aux entraîneurs !

L’arbitrage Européen a été beaucoup décrié, ce week-end. Un but refusé en Italie, un pénalty non sifflé, du temps additionnel soi-disant accordé à tort en France, les hommes en noir n’ont pas été à la fête.

Sauf que, en Ligue 1 plus particulièrement, ce sont des habitués de l’exercice, des récidivistes, qui s’en sont pris ouvertement à l’arbitrage. Jean-Michel Aulas, Rémi Garde, Rudi Garcia, Frédéric Antonetti, Didier Deschamps, etc… Des habitués, on vous dit.

Car étrangement, ce sont toujours les mêmes qui remettent en cause les décisions arbitrales lors des contre-performances de leurs joueurs. Jamais de remise en question, uniquement des coups de massue.

Tony Chapron, l'un des arbitres les plus décriés de Ligue 1

Les dirigeants et le staff Lyonnais accusent l’arbitre d’avoir favorisé le Paris Saint-Germain en accordant « 8 minutes de temps additionnel » selon les intéressés. Les Spécialistes, sur Canal, ont démontré qu’il n’y avait eu que 5 minutes en plus. Les accustations lyonnaises sont donc infondées. Ils en oublient par ailleurs que l’arbitre central est le seul maître du temps et qu’il n’y a pas que les remplacements qui sont susceptibles d’allonger le chronomètre. Les joueurs qui restent au sol plus longtemps que nécessaire, les interminables contestations, les échauffourées sont des exemples de ces éléments qui augmentent le temps additionnel.

À Brest, l’arbitre a oublié un pénalty sur Brandao. Mais un pénalty sifflé ne signifie pas un but marqué ! Qui nous dit que Steve Elana, dans un grand soir face à Marseille, ne l’aurait pas sorti ? Ce sont des suppositions, bien sûr, mais il faut arrêter de considérer systématiquement un pénalty comme un but. Cheick Diabaté peut en témoigner, lui qui avait vu Tony Chapron accorder un pénalty pour une sortie plus qu’hasardeuse de Landreau sur Ben Khalfallah lors du match aller entre Bordeaux et Lille. Il avait expédié son tir sur le poteau.

Ces adeptes de la critique arbitrale sont les premiers à pleurer lorsque les décisions leur sont défavorables, mais oublient très rapidement celles qui leur sont favorables.

Rémi Garde a du oublier que Cris n’a pas été exclu lors du huitième de finale de Coupe de France face à Bordeaux. Il oublie aussi rapidement que les joueurs sont les premiers responsables de leurs défaites. Le terrain, les arbitres, les adversaires ne peuvent pas défendre ou tirer au but à leur place. Il est tellement facile d’attaquer l’arbitrage plutôt que de pointer du doigt ses propres erreurs ou celles de ses ouailles.

Il serait temps que la Commission d’Ethique et la LFP sanctionnent tous ces comportements inacceptables envers le corps arbitral, au lieu de le désavouer comme la saison dernière.

Les arbitres avaient décidé de retarder le coup d’envoi de tous les matches de 15 minutes en signe de ras-le-bol envers les insultes dont ils sont victimes tous les week-end (et aussi pour quelques revalorisations dans leur contrat de sponsoring). La LFP avait décidé d’envoyer les arbitres de National, se plaçant ainsi en porte-à-faux vis-à-vis des arbitres de l’élite. Étrangement, ce fameux week-end, aucune plainte n’avait été à déplorer envers les Hommes en noir.

Il faudrait leur rappeler cette déclaration de Claude Onesta, après l’Euro 2007 de Handball en Allemagne : « À l’avenir, il faut qu’on soit plus forts, plus décisifs, pour éviter que les décisions arbitrales nous soient défavorables. » Le sélectionneur avait bien compris que lorsque l’équipe sait faire la différence, les décisions discutables ont une influence moindre sur le résultat final.

Car oui, les arbitres font des erreurs. Comme les joueurs font des mauvais choix, comme les entraîneurs adoptent de mauvaises tactiques, comme les cellules de recrutement se trompent de recrues. Car ce sont avant tout des hommes, garants du bon déroulement d’un match, d’un tournoi ou d’un championnat. Et les hommes ne sont pas infaillibles.

Respecter les arbitres, c’est aussi respecter le jeu, le spectacle, les spectateurs et les supporters. Car sans arbitre, il n’y a pas de jeu !