Ultras, une espèce en voie de disparition ?

Le PSG a été le premier à s’y lancer. Avec le Plan Leproux, qui visait à pacifier les abords du Parc des Princes, le club de la capitale a écrémé le public qui se rendait au stade. Aujourd’hui, les pensionnaires de la Ville Lumière jouent devant un public de spectateurs, souvent attentiste, toujours exigeant, qui ne comprend pas, ou avec difficulté, qu’une équipe telle que celle formée par QSI ne gagne pas tous ses matches.

En effet, les Footix ont envahit (ou déserté) les stades ! Présents lors des victoires ou des matches prestigieux, absents lorsqu’il faut défier Guingamp ou Thonon-Gaillard. Et le phénomène ne concerne pas que Paris.

Même Marseille (et ça me fait mal de dire ça), réputée pour son public, connait quelque peu la désertion de ses tribunes. D’une part, parce que le stade était en travaux, d’autre part, parce que le spectacle proposé ne convient pas aux non-initiés.

Le spectacle de la Ligue 1, ce n’est pas des 4-0 toutes les semaines. Ça, c’est plutôt la Bundesliga. Ou Barcelone-Getafe. La Ligue 1 est avant tout un championnat physique, stratégique, où la raison l’emporte (hélas trop souvent) sur la passion.

Il faut être supporter pour aller au stade, chanter à se casser la voix, en sachant qu’à 1-0, on verrouille à double-tour et on attend que l’orage des attaques adverses se passe.

Le spectacle qu’on nous vend n’est pas que celui des terrains. BeIN Sport l’a bien compris avec son dispositif « Pure Live », qui permet au téléspectateur de regarder le match et de profiter de l’ambiance sans le son des commentaires.
Et combien de fois entend-on les commentateurs se plaindre d’une ambiance morose lors d’un match à huis-clos ?

Certes, le silence permet parfois de mieux apprécier la communication des entraîneurs et des joueurs sur le terrain, mais la plupart des supporters et des joueurs préfèrent une ambiance bouillante.

Personnellement, mes meilleurs souvenirs au stade sont ceux où les chants de supporters me traversent le corps par leur puissance et leur résonance. Quand les tympans vibrent à en avoir mal aux oreilles !

Heureusement qu’il reste quelques supporters pour « mettre le feu » au Stade !
Image tirée de la page Facebook « Virage Sud Bordeaux – les plus belles photos« 

Les premières fois que je suis allé au stade, c’était avant tout pour apprécier l’ambiance, les chants, la passion des supporters, et tant pis si je ne voyais pas le match aussi bien (et encore, ça se discute) qu’à la télé. D’ailleurs, dans tous les clips montés par les clubs, on entend les chants, les slogans des supporters.

Et c’est aujourd’hui cet acteur que l’on souhaite faire taire !

En interdisant (encore !) aux supporters de se déplacer librement, de supporter leur équipe librement. En sanctionnant de façon parfois abusive les clubs et les supporters. En les excluant de toutes les discussions autour de la refonte du football. Ils ne sont pas considérés comme des citoyens, mais comme des sous-citoyens. Si l’on schématise à grand coup de raccourcis foireux, les Ultras sont comme les esclaves de la Grèce ou de la Rome Antique : les mêmes devoirs que les autres, mais pas les mêmes droits !

Les Ultras sont considérés comme un garçon un peu turbulent dont les parents et la maîtresse discutent pour savoir ce qu’il convient de faire sans savoir ni pourquoi il fait ça, ni comment l’aider au mieux. On décide pour lui et si son comportement empire, ce sera de sa faute.

Un match de foot sans Ultras, c’est une télé sans son. Sans les supporters, les stades, refaits à neuf en prévision de l’Euro 2016, sonneront souvent creux.

Et si les spectateurs et les téléspectateurs désertent les stades et les écrans, qui restera-t-il pour encourager et pousser les joueurs ? Qui « consommera » le football ? Les supporters !

Comme le disent de nombreuses banderoles déployées dans les kops : « Les joueurs [et les Footix] passent, les supporters restent ! »

Faut-il légaliser le dopage dans le sport ?

Juillet 1998. Le Tour de France cycliste est entaché par la plus grosse affaire de dopage jamais révélée à ce jour. L’équipe Festina, emmenée, entre autre par Richard Virenque, est exclue de la compétition après que des tests sanguins et urinaires se soient révélés positifs à l’usage de substances illicites. En 2006, c’est Floyd Landis qui remporte le Tour puis est disqualifié pour usage de produits dopants.

Les contrôle anti-dopage, LA solution ultime ?

Plus récemment, Yannick Noah a remis en cause les résultats des sportifs Espagnols, les accusant ou les suspectant d’utiliser « une potion magique » leur permettant de briller dans de nombreux sports.

Aujourd’hui, pour vaincre le dopage dans le sport, 2 solutions s’offrent à nous.

La première, c’est de le légaliser, autoriser les sportifs à utiliser des substances qui leur permettent d’accroître leurs compétences et leurs qualités, à l’instar de la natation, longtemps faussée par un « dopage technologique ». Cet exemple de la natation nous montre une des limites de cette solution. Les sportifs ne seront pas au même niveau en fonction des produits qu’ils absorberont. Sans compter toutes les conséquences néfastes sur leurs organismes. Décès prématurés, cerveau diminué, muscles atrophiés… Les dégâts seraient dramatiques.

De plus, nous créerions ainsi une distance entre le sport professionnel et le sport amateur. Des joueurs comme Adil Rami ou Mathieu Valbuena, évoluant d’abord dans des clubs amateurs, auraient-ils pu s’affirmer en professionnel si le dopage avait été légal en Ligue 1 ?

Des compétitions comme la Coupe de France perdraient de leur charme, les petits devant faire face à un décalage trop important avec les grands.

Il ne reste donc qu’une seule solution. L’interdiction totale du dopage. Le cyclisme se porte d’ailleurs en exemple dans ce domaine, multipliant les contrôles en compétition, effectuant des tests intempestifs hors compétition, et débusquant ainsi beaucoup plus de tricheurs que dans les autres sports.

Pour dissuader les sportifs de tricher, il faut aussi adopter des sanctions exemplaires ! Des suspensions temporaires n’étant pas forcément dissuasives, il faut durcir le ton et ne faire preuve d’aucune clémence envers les tricheurs.

Par exemple, lorsqu’un cas de dopage est avéré, le ou la coupable devrait être interdit(e) de participer aux Jeux Olympiques pour le restant de ses jours. Pendant longtemps, les JO du baron Pierre de Coubertin étaient réservés à des amateurs. L’exclusion des tricheurs permettrait peut-être de les réintégrer.

Les sanctions temporaires devraient également être allongées, couplées avec des amendes lourdes ou des Travaux d’Intérêt Général, tels que des interventions dans les Centres de Formation pour expliquer les méfaits du dopage et les conséquences sur les organismes.

Cependant, cela impliquerait d’adapter les calendriers et de diminuer le nombre de rencontres, de tournois ou de meetings dans une saison, d’organiser moins d’événements. Cela enlèverait du spectacle et, puisque ce dernier élément est la priorité de certains peu scrupuleux, ôterait beaucoup d’argent à gagner.

Mais entre la santé des sportifs et la frénésie des compétitions, les calendriers surchargés et l’aspect financier, il va falloir faire un choix.

Pas d’Ultras, pas de chocolat !

La polémique enfle suite à l’interdiction du tifo des UltraMarines Bordeaux 1987 par la Préfecture de Gironde lors du match de Ligue 1, Bordeaux – Lyon.

La Ligue de Football Professionnel a décidé de convoquer 5 clubs de l’élite du football Français à cause de l’attitude de leurs supporters. Il s’agit des Girondins de Bordeaux, de l’Olympique Lyonnais, de l’OGC Nice, de l’AS Saint-Etienne et du Montpellier Hérault SC. Les griefs retenus contre les groupes de supporters de ces clubs sont : des actes racistes et l’utilisation de fumigènes dans les stades.

Supporter son club n’est pas un crime

Il faut tout d’abord savoir que les accusations d’actes racistes ne concernent que l’Olympique Lyonnais ! Et en ce qui concerne l’utilisation des fumigènes, Nicolas Hourcade, sociologue à l’École Centrale de Lyon, les décrit comme « faisant partie intégrante de la culture Ultra », dans un article publié par Rue 89. Autrement dit, il y en a toujours eu et il y en aura toujours.

Ses principales réserves proviennent du fait que la plupart des fumigènes utilisés, à Bordeaux ou ailleurs, sont fabriqués à la maison et ne remplissent pas les conditions de sécurité optimales. De plus, selon Daniela Wurbs, supportrice du club mythique Sankt Pauli, les fumigènes lancés sur la pelouse, et donc potentiellement les plus dangereux, le sont uniquement par peur d’être arrêté. Elle se dit également en faveur « d’un usage contrôlé et sécurisé de la pyrotechnie, parce que nous savons que beaucoup de supporters sont très attachés à l’usage de fumigènes […] [Elle croit] vraiment que la pyrotechnie est un aspect essentiel de la culture ultra. »

Au lieu d’interdire toute forme de supportérisme, les dirigeants feraient mieux de trouver des solutions plus adaptées à la libre expression des Ultras, dans des conditions de sécurité optimales !

Jusqu’alors, personne n’a proposé de véritable solution au problème des fumigènes ou des engins pyrotechniques, seulement des sanctions. Pourquoi ne pas identifier quelques personnes membres des groupes de supporters, leur faire suivre une formation sur la manipulation des fumigènes, de façon à ce que les stades puissent se parer de plusieurs couleurs, offrir un magnifique spectacle à vivre et à voir ?

Pourquoi vouloir faire de nos stades des endroits sans vie où ne viendraient que quelques spectateurs, qui regarderaient un match de foot dans un silence de cathédrale, à l’image du Parc des Princes de Robin Leproux ? Cet exemple est toutefois à relativiser, le Parc des Princes ayant eu besoin d’être littéralement pacifié.

Pour les clubs aussi, les supporters sont importants ! Ils poussent les joueurs à se transcender, à se dépasser, à se battre pour les couleurs qu’ils portent et représentent ! Francis Gillot le soulignait d’ailleurs lors de la conférence de presse après Bordeaux – Lyon.

Les dirigeants oublient trop souvent que les Ultras aussi font partie du spectacle et qu’ils ont une part non négligeable dans l’attitude et dans les résultats de leur équipe.

Ils ne connaissent pas les sentiments que peuvent éprouver les supporters qui viennent vivre un match au stade, la boule au ventre qui nous étreint avant un match important, l’excitation lorsque le match approche, la joie immense et la déception tout aussi grande lorsque l’équipe gagne ou perd. Et pourtant, ils en parlent comme s’ils le vivaient tous les jours.

Messieurs, supporter un club n’est pas un crime, contrairement à ce que vous essayez de faire croire ! Nous ne sommes pas des délinquants qui ne viennent au stade que pour créer des tensions ou chercher les embrouilles ! La très grande majorité vient au stade pour soutenir son équipe, chanter jusqu’à s’en casser la voix et finalement passer un bon moment.

Mais peut-être préférez-vous l’ambiance survoltée du Stade Louis II de Monaco…